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"Une partie de mon expiation personnelle consiste à aider des gens confrontés à la situation dans laquelle j'étais"
Parcours spirituel de Adiel Rachline, éducateur à l'auberge "Beit Abraham"
Adiel aime à recourir à des métaphores pour expliquer son parcours spirituel.
Considéré comme le récit d'une réussite de réinsertion juive du "Keren Hatechouva", nous lui avons demandé :
- Pensez-vous que vous auriez pu accomplir le chemin que vous avez fait, en tant que toxicomane et faisant Techouva, par vos propres moyens, sans le cadre de l'auberge du "Keren Hatechouva ?"
Sa réponse est éloquente :
-"Tu ne peux pas grimper seul, sans que quelqu'un ne te tienne l'échelle en bas."
"Ton corps est une ville que deux forces veulent conquérir", ajoute Adiel, "et c'est le bon penchant et le mauvais penchant. Lorsque nous sortons libres, sans surveillance, c'est là la véritable période de probation. La tentation à laquelle tu dois faire face pour ne pas faire de bêtises. Qui aura le dessus ? Le bon ou le mauvais penchant ? Retourneras-tu en prison ? Comment résister à une situation qui t'effraie tant, lorsque tu as tant à perdre ? Tu es libéré sous condition, un tiers de la période d'emprisonnement que tu as reçue pèse sur tes épaules si jamais tu rechutes. Tu te trouves dans une situation très délicate. Tu risques de battre en retraite. Tu es semblable à un malade atteint d'une pneumonie en équilibre au bord d'une piscine d'eau glacée. Tu as besoin d'outils qui t'aideront à passer l'épreuve."
"Spiritualité" vide de contenu
"Je suis revenu à la vie grâce au mérite immense de ce centre d'hébergement", déclare Adiel qui a décidé d'ajouter à son nom précédent le nom de D.ieu, après avoir achever le processus de réhabilitation à "Beit Abraham". En outre, il s'est même engagé à y revenir en tant qu'éducateur. "Qui étais-je avant ? J'étais accro à l'adrénaline, je ne cherchais qu'à jouir du moment présent. J'étais esclave de la drogue. Même lorsque je vendais des stupéfiants, je me disais que j'aidais mes amis. J'étais complètement impliqué dans une "spiritualité" vide de tout contenu. Je ne vivais pas dans la réalité. Je suis passé de "l'herbe" à l'extasie et autres drogues dures, et j'ai vraiment perdu tout discernement, tout bon sens. J'ai atteint le sommet de la décadence : chaque somme d'argent que je gagnais, je la dépensais uniquement pour être "parti".
Après 13 années d'errance dans la drogue, après avoir été incarcéré et libéré plusieurs fois, et dans la même période, il s'est marié et a divorcé plusieurs fois, il a enfin compris que sa vie n'était qu'un mensonge. Il a compris le conflit irréductible entre la Tora et l'idolâtrie de la drogue. Alors qu'il se trouvait dans la section religieuse de la prison il décida de saisir la chance que lui offrait le "Keren Hatechouva" : une réinsertion dans un cadre religieux - par la Tora. "J'ai découvert un lieu où les résidents ont un point commun. Ils étudient ensemble la Tora, prient ensemble, se soutiennent réciproquement, apprennent à ne pas désespérer de la chute. Ils comprennent que chaque Juif peut revenir là où il devait être".
Nourrir l'âme
Adiel a séjourné à l'auberge "Beit Abraham" pendant 12 mois. Lors de cette même période, il a obtenu l'autorisation de suivre des cours de Tora associés à une thérapie, dans le cadre du centre de jour "Ma'hon Abraham", une activité qui se déroulait du matin au soir à l'auberge. "J'ai commencé à m'épanouir", dit-il. "Confiance, foi. J'ai rencontré des rabbins qui viennent vers nous telle une famille adoptive. Celui qui ne vit pas dans notre auberge ne peut pas comprendre la joie qu'ils font régner dans l'étude. Chaque cours se termine par des danses. C'est une réjouissance spirituelle qui vient par amour, pas par coercition. C'est vrai, il existe une inflexibilité quant au respect du contrat avec le résident, comme pour n'importe quel contrat de location, mais les relations dont on fait preuve, lorsqu'on vient vers vous pour vous remonter, sont bien celles d'un amour sincère à l'égard du prochain."
Lorsque Joël et Arié parlent d'Adiel, on a l'impression d'entendre des parents fiers des résultats d'un enfant doué. Récemment, il s'est marié, et ils lui ont proposé d'être éducateur à l'auberge. Il les remercie en disant : "Ce que j'ai reçu, je le transmets à mes résidents. Je passe avec eux deux nuits par semaine. Je les aime. Parce que dans le passé, j'étais dépendant des drogues, je ressens qu'une partie de ma réparation personnelle consiste à aider des gens qui se trouvent dans la situation dans laquelle j'étais. Ce travail, je ne le fais pas pour l'argent mais avant tout pour alimenter mon âme."
Adiel explique que pour lui "Beit Abraham" est un nid, une maison accueillante et chaleureuse. Aujourd'hui, il étudie et travaille à la Yéchiva "Chouvou Banim" dans la vieille ville et apprécie le travail d'équipe à l'auberge du "Keren Hatechouva". "Pour moi", dit-il le regard brillant, "la signification de "Beit Abraham" est double : elle comporte à la fois le nom de notre ancêtre Abraham, qui a fait connaître à l'humanité la fidélité à D.ieu, et le nom du Rabbin Hazan, de mémoire bénie, qui était un homme d'une très grande bonté et aucun mot ne peut qualifier l'ampleur de ses actions". Adiel ajoute : "Fasse que D.ieu accorde à Joël les forces de continuer et d'aider encore d'autres hommes qui n'ont nulle part où aller et ont besoin de cette stimulation, de cette propulsion dans la vie".
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